Vers une refonte majeure du système d’éducation au Québec

 

La privatisation, la concurrence, les avancées technologiques, la surcapitalisation et la mondialisation ont été parmi les grands piliers de la croissance spectaculaire qu’ont connue plusieurs secteurs d’activités au cours des dernières décennies. Durant la même période, le secteur de l’éducation a littéralement stagné alors qu’aucun des piliers précédents n’a exercé une véritable influence sur celui-ci. Doit-on y voir un lien de causalité? La question mérite d’être posée. D’autant que la situation pourrait évoluer plus rapidement que l’on croit. À tel point que d’ici 15 ans, notre secteur de l’éducation pourrait avoir été privatisé et intégré à un marché mondial fortement capitalisé et nettement plus évolué au plan technologique.

Or, soyons clairs sur la nature de cette prédiction. Le type de privatisation auquel nous faisons référence ici n’a rien à voir avec la conversion des écoles publiques en écoles privées. Il ne s’agit pas d’instaurer une nouvelle forme de concurrence entre les institutions d’enseignement. Ni de vendre une éducation de qualité supérieure aux plus offrants, créant ainsi un système à deux vitesses.

Il s’agit encore moins de laisser le secteur entre les mains d’une poignée d’entrepreneurs ayant flairé l’opportunité de surfer sur des mirages technologiques en s’improvisant pédagogues et gestionnaires par excellence de l’intérêt public. Des entrepreneurs, affairistes et mondialistes, d’ici et d’ailleurs, dont les puissants lobbys seraient parvenus à convaincre le gouvernement de monnayer l’accès à ce vaste marché en se délestant au passage d’un groupe de fonctionnaires et de conventions collectives grevant lourdement ses finances.

Non, ce dont il est question ici, c’est la montée en puissance de nouveaux joueurs dans le secteur de l’éducation. Des joueurs de classe mondiale qui pourraient supplanter avec une facilité déconcertante les systèmes nationaux d’éducation comme le nôtre en moins de deux décennies. Comment? En y allant simplement d’une proposition de valeur unique qui satisfera davantage les étudiants, les parents, les contribuables et les employeurs par rapport à ce que les systèmes actuels seront en mesure de livrer.

À quel genre d’entreprises faisons-nous référence? En quoi leur proposition de valeur sera-t-elle supérieure à notre système actuel? Quelle sera notre meilleure réponse contre celles-ci? Quelle stratégie d’ensemble devrons-nous adopter pour nous assurer du même coup que notre système contribue au repositionnement de l’économie du Québec? Voilà autant de questions auxquelles nous comptons répondre au fil des prochaines parutions. Des questions importantes s’il en est, qui sont actuellement absentes des discussions au sein de l’édusphère québécois, en raison de ce qui nous apparait être une vision sectorielle dépassée, ainsi que des tabous et des préjugés qui n’ont plus leur place.