L’éduréalisme ou les sept attributs des systèmes éducatifs de prochaine génération (1/2)

Introduction

Peu importe le secteur ou le type d’organisation dans laquelle nous travaillons, deux questions toutes simples grimpent en tête de liste lorsque vient le temps de s’adapter à des changements d’importance: quels besoins réels devrons-nous combler une fois ces changements opérés et comment allons-nous y parvenir? Cet article est le premier d’une série portant sur six tendances qui vont à notre avis révolutionner le monde de l’éducation. Il pose un regard prospectif sur ce que nous avons appelé la demande de prochaine génération. Il se veut une réponse relativement élaborée aux deux questions précédentes.

La figure 1 jette les bases de cette réponse en identifiant les principaux attributs de la demande auxquels les systèmes éducatifs de prochaine génération devront vraisemblablement se conformer.

Les sept attributs des systèmes éducatifs de prochaine génération

Question de résumer simplement le parcours anticipé, nous pensons que les systèmes éducatifs de prochaine génération seront ceux qui auront le mieux réussi au cours des prochaines années:

  1. à répondre aux besoins d’adaptation des clientèles en regard de l’intensification de la concurrence à l’échelle mondiale, d’une société moins protégée au plan collectif et d’un marché du travail nettement plus exigeant et compétitif;
  2. à s’intégrer dynamiquement au marché applicatif mondial de manière à constituer des offres de produits et services mieux adaptés aux besoins réels et rapidement changeants des diverses clientèles;
  3. à constituer des offres de service dont le rapport qualité/prix obligera les réseaux à opérer à la valeur de leur contribution réelle;
  4. à renouveler, adapter et personnaliser leurs processus d’apprentissage et d’encadrement de façon à optimiser en temps réel l’acquisition, la transmission et l’assimilation des apprentissages des individus et des différents groupes composant leur clientèle;
  5. à développer un réseau moderne ouvert aux meilleures prestations (humaines, virtuelles et matérielles) et dont l’accès et l’utilisation tiendront le mieux compte des besoins et des contraintes de la clientèle;
  6. à garantir une meilleure intégration au marché du travail et une meilleure insertion sociale;
  7. à devenir partie prenante d’un apprentissage continu et diversifié facilitant la progression optimale d’une clientèle post-éducation qui inversera la pyramide d’âge du secteur.

 Pris dans leur ensemble, on constate que ces attributs ont un thème commun; celui de favoriser une meilleure adaptation aux exigences du monde réel. Ce besoin d’éduréalisme, tel que nous l’avons surnommé, peut sembler simpliste aux yeux de certains, mais il ne l’est pas. Au contraire, comme nous le verrons dans les pages suivantes, il s’agit d’une tendance profondément transformatrice. Une tendance qui va altérer le rapport actuel entre l’offre et la demande et obliger du coup un réoutillage majeur en termes de contenus, de processus et de la dotation en ressources humaines. En outre, cette tendance va ouvrir la porte toute grande à la venue de puissants concurrents mieux constitués et plus agiles pour répondre à ce nouveau genre de besoins. Voyons maintenant cela plus en détail.

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2 réactions au sujet de « L’éduréalisme ou les sept attributs des systèmes éducatifs de prochaine génération (1/2) »

  • 29 août 2014 à 08:37
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    Il y a un petit problème, comme dans toutes les analyses fortement influencées par des modèles inspirées de l’économie : qui définit les « besoins réels » (serait-ce qu’il existe des « besoins irréels » ?) et comment opère cette définition ? Quels sont les rapports de pouvoir qui sont derrière cette définition ?
    Si c’est simplement le marché, on a affaire à un déterminisme simpliste qui réduit la question des choix à un arbitrage coût / avantage, et les besoins ne sont « réels » que parce qu’ils sont solvables, ce qui restreint très fortement la définition !
    Dans un autre domaine, on retrouve dans le célèbre « rapport Brundtland » le même type de biais, quand on définit le « développement durable » comme celui qui est censé permettre la satisfaction des besoins des générations futures… Sommes-nous outrecuidants au point de décider même des besoins de ceux qui vivront des années (ou de siècles) après nous ?

    • 29 août 2014 à 16:53
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      Ne vous méprenez pas sur mon propos. Il ne s’agit en rien de restreindre, et encore moins de décider des besoins des autres. Au contraire, il s’agit plutôt de s’assurer que des conditions plus dynamiques se mettent en place en vertu desquelles nos systèmes éducatifs de prochaine génération pourront offrir un plus grand éventail de réponses aux besoins rapidement changeants qui seront les nôtres. Libre à vous de voir dans cette quête d’une éducation plus réaliste un déterminisme simpliste, un rapport de pouvoir occulte, de l’outrecuidance, un économisme étroit ou un couperet dont le mouvement serait simplement dicté par une analyse coûts-bénéfices. Il est vrai que cet article frappe fort sur ce qui m’apparait être le bois mort, des réflexes et des structures dépassées et d’autres lacunes qui restreignent l’expression des besoins réels, mais ce n’est certes pas pour mettre de l’avant un approche réductionniste ou une vision utilitariste de l’éducation. Si c’est ce que vous croyez alors je vous invite à relire le texte. Cela dit, je vais tout de même garder à l’esprit que je n’ai peut-être pas été assez clair dans mes explications.

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